Qu’est-ce qu’une classe préparatoire ?

Certains élèves de Terminale connaissent bien ces classes préparatoires, parce qu’il en existe dans leur lycée, parce que des parents ou des amis y ont effectué une partie de leur scolarité, ou parce que l’un de leurs professeurs en est issu et leur en a parlé. Mais beaucoup, la grande majorité, les connaissent très mal ou fondent leur jugement sur des informations erronées, comme il en circule trop souvent dans les médias. Qu’il s’agisse de méconnaissance, ou de caricature, cette inégalité devant l’information est un facteur d’injustice. Nous espérons que la démocratisation de l’accès à l’Internet va contribuer à réduire cette injustice en permettant aux élèves et à leurs parents d’accéder directement aux sources de l’information, grâce à des sites tels que celui-ci.


Les classes préparatoires ne sont pas réservées à une élite

A la rentrée 2011, 80 411 étudiants étaient inscrits en classe préparatoire : 12 066 en classes littéraires, 49 747 en classes scientifiques, 18 598 en classes économiques et commerciales. Ainsi,14,2 % des étudiants venant d’obtenir leur baccalauréat général s’inscrivent en classe préparatoire, soit plus d’1 bachelier sur 10 .
En outre, ces classes préparatoires ne sont pas réservées aux seuls « petits génies », mais à tout bon élève de Terminale : il serait sinon impossible d’atteindre le chiffre de 80 000 étudiants en 2011 ! Ainsi, pour l’année scolaire 2005-2006, 51 % des élèves de classes préparatoires avaient obtenu une mention « assez bien » ou aucune mention au bac .

Donc, loin des idées reçues, tout élève sérieux et obtenant des résultats corrects durant son année de Terminale peut prétendre accéder à une classe préparatoire. S’il y a bien sûr une réelle sélection des élèves qui est effectuée, la procédure est aujourd’hui nationale et informatisée, permettant une réelle égalité des chances ; n’oubliez pas en outre qu’il existe de très nombreux lycées proposant des classes préparatoires : à côté de quelques grands lycées prestigieux (surtout parisiens) ayant une sélection très stricte et préparant essentiellement leurs élèves aux écoles les plus renommées et sélectives, il existe une multitude d’autres lycées susceptibles de vous accueillir et de vous préparer à une grande variété de concours.
Il serait donc dommage de se priver d’une filière d’excellence, d’autant qu’elle offre de multiples débouchés que nous allons détailler.


Une grande diversité de débouchés

Il convient d’abord de rappeler que les classes préparatoires aux grandes écoles offrent une multiplicité de filières et concernent donc tous les bacheliers quelle que soit leur section  : classes préparatoires scientifiques (avec des sous-sections selon le poids donné aux mathématiques, à la physique et à la biologie), économiques et commerciales (avec là aussi des sections spécifiques selon le type de bac détenu par l’étudiant), et bien sûr littéraires (se déclinant elles-mêmes en différentes sections selon les matières enseignées). Les débouchés sont donc extrêmement nombreux, menant à toutes les études et à tous les métiers (à l’exception notable de médecine).
N’oubliez jamais qu’à côté des écoles les plus prestigieuses et les plus sélectives (on peut penser à l’école Polytechnique, aux Ecoles normales supérieures, ou bien à HEC par exemple), il existe une multitude d’autres écoles un peu moins renommées, mais offrant aussi d’excellentes perspectives de carrière (il existe ainsi par exemple plus de 200 écoles d’ingénieurs en France, et 28 écoles de commerce recrutant après une classe préparatoire). Il vous appartient bien sûr de vous renseigner sur les débouchés propres à chaque filière : nous nous focaliserons ensuite dans le cadre de ce site uniquement sur ceux de la filière B/L.

Le but d’une classe préparatoire étant de vous préparer aux concours des grandes écoles, nous pouvons remarquer que les taux de réussite à ces concours sont particulièrement bons : 3 ans après leur entrée en classe préparatoire, près de 7 étudiants sur 10 ont intégré une grande école .
Et pour ceux ayant échoué aux concours ? Et bien ils poursuivent leurs études à la faculté en licence : il existe en effet un système d’équivalence permettant aux élèves de classes préparatoires n’ayant pas eu de concours de poursuivre leurs études à l’université sans perdre le bénéfice de leurs années passées en classe préparatoire.

En résumé, les classes préparatoires mènent à tout ou presque, placent une majorité de leurs élèves dans les grandes écoles, et offrent la possibilité de rejoindre la faculté en cas d’échec en validant ses années passées en classes préparatoires.


Acquérir de solides bases intellectuelles et des méthodes de travail

Le rôle des classes préparatoires n’est pas simplement d’assurer aux élèves leur réussite à divers concours. Elles ont une autre vocation, plus importante encore : donner aux élèves, à cet âge où les capacités d’apprentissage sont à leur zénith, à ce stade déterminant pour la suite de leur trajectoire, une formation intellectuelle générale de haut niveau et de très solides méthodes de travail. Dans toutes ces filières, les enseignants ont en effet pour ambition de faire acquérir à leurs élèves :
- une culture, quelle soit scientifique et/ou littéraire, riche, diversifiée , le socle à partir duquel vous pourrez ensuite vous spécialiser sans craindre de perdre cette vision d’ensemble qui permet, seule, de se repérer dans le monde et donner un sens à ce que l’on fait ;
- une rigueur intellectuelle, une capacité de raisonnement, de synthèse , toutes ces qualités indispensables à la réussite de vos études et de votre parcours professionnel, quels qu’ils soient ;
- des méthodes de travail, qu’il s’agisse d’apprendre à s’organiser, à s’exprimer, à travailler sous pression et, finalement, d’apprendre à apprendre, une aptitude particulièrement importante dans une société qui change de plus en plus vite.

Bref, les classes préparatoires ne vous préparent pas qu’à un concours : elles vous donnent les moyens de développer pleinement votre potentiel, et d’aborder ensuite sereinement vos études futures et votre métier ; cet état d’esprit, cette culture générale, ces méthodes de travail seront autant d’atouts décisifs par la suite.


Effectifs réduits et encadrement personnalisé

Les classes préparatoires présentent un autre avantage, notamment sur l’université : les effectifs des promotions sont réduits (généralement de 30 à 45 élèves), ce qui permet un encadrement et un suivi étroit des élèves. Les professeurs sont à l’écoute de leurs élèves, attentifs à leurs problèmes et difficultés, et peuvent proposer des conseils personnalisés pour assurer une meilleure réussite aux concours. Les interrogations orales individualisées, très régulières en classe préparatoire, sont l’occasion idéale de rencontrer l’élève en tête-à-tête et de faire le point sur son travail et ses éventuelles difficultés.
Ainsi, les classes préparatoires se situent beaucoup plus dans le prolongement du lycée que l’université : les élèves ne sont pas laissés à eux-mêmes et noyés dans l’anonymat de grands amphithéâtres. Ils sont dans des établissements à « taille humaine », les mêmes lycées qu’ils ont connus de la Seconde à la Terminale.


La classe préparatoire, c’est l’enfer ?

Le cliché qui revient le plus souvent quand on parle des classes préparatoires est celui de la difficulté des études et du rythme infernal exigé des élèves : les élèves de classes préparatoires auraient une vie de reclus, consacrée intégralement à l’étude et à l’apprentissage ; les professeurs y seraient très sévères et les notes très basses ; enfin, il y règnerait une mauvaise ambiance, les élèves se livrant à une compétition féroce.
Mais comment alors expliquer ce résultat surprenant d’une enquête menée par la Direction de la programmation et du développement du Ministère de l’Education Nationale : interrogés sur ces années passées en classes préparatoires, les étudiants expriment à l’égard de cette filière une « très grande satisfaction » (voir la note d’information 01-31-juin 2001, de la DPD) ; cette satisfaction porte sur le contenu des études et plus encore sur le suivi et l’encadrement des étudiants. Revenons alors sur tous les a priori que véhicule la scolarité en classes préparatoires.

S’il est vrai que le travail demandé aux élèves est important (les devoirs sur table et à la maison sont très réguliers, les interrogations orales individuelles sont hebdomadaires), il ne s’agit nullement d’un bagne ou d’une prison. Les efforts demandés aux étudiants sont à replacer à la fois dans une perspective de court terme (ils visent à accéder à une grande école à l’issue des deux années de classe préparatoire) mais aussi de long terme (les bases acquises durant ces deux années seront autant d’atouts futurs pour l’étudiant). Les étudiants sont à un âge où ils ont les capacités et le temps de fournir de tels efforts, et ils sont aidés en cela par une équipe pédagogique attentive à leur bien-être.

La notation, et la sévérité supposée des professeurs, effraient souvent les élèves ; il est vrai que les notes sont souvent basses en classe préparatoire et inférieures à celles qu’obtenaient les élèves dans le secondaire. Cela ne s’explique pas par la présence de professeurs particulièrement « sadiques », mais simplement par les exigences des concours des grandes écoles et la réalité des notes à ces concours . Par exemple, à la session 2012 du concours B/L des ENS, écoles censées recruter et former les futurs meilleurs professeurs et chercheurs de France, la moyenne à l’épreuve de mathématiques n’était que de 7,55 sur 20 !

Enfin, disons quelques mots de l’ambiance de classe : loin des idées reçues, la coopération en classes préparatoires est souvent réelle et forte entre les élèves ; en effet, comment réussir aux concours des grandes écoles sans un minimum de solidarité ? L’échange de fiches, le travail de groupe,… sont ainsi généralement la règle. Si comme dans tout groupe humain l’ambiance peut être plus ou moins bonne selon les années, ce sont généralement les classes où la solidarité est la plus forte qui obtiennent les meilleurs résultats : face à des exigences élevées, il est illusoire de penser pouvoir réussir seul en travaillant dans son coin. Il ne s’agit pas de nier qu’une certaine compétition existe entre les élèves (après tout, le nombre de places aux concours est limité), mais il s’agit généralement d’une émulation saine conduisant chacun à donner le meilleur de lui-même. Chaque classe préparatoire a d’ailleurs souvent une association d’élèves permettant d’établir des liens forts entre les élèves et de favoriser le travail de groupe.


Pour conclure

En somme, si vous êtes un bon élève de Terminale, sérieux, motivé et travailleur, alors vous ne devriez pas hésiter à postuler en classe préparatoire . La « prépa » n’est pas réservée à ceux dont les résultats sont excellents au point que leurs professeurs les incitent à passer les plus grands concours. Elle n’est pas réservée non plus à ceux qui de longue date ont identifié une école précise et savent parfaitement ce qu’ils viennent faire en classe préparatoire.
La très grande majorité des élèves n’a qu’une vague idée de son futur projet scolaire ou professionnel : ces élèves savent juste généralement qu’ils veulent étudier ou travailler dans tel ou tel domaine (scientifique, financier,…). Choisir une classe préparatoire, c’est s’ouvrir une multitude de portes, c’est acquérir des bases solides qui assureront votre réussite future, et c’est aussi intégrer un groupe d’étudiants où pourront se nouer des relations durables  : pourquoi s’en priver ?


Si vous désirez des informations complémentaires, vous pouvez consulter ces rapports :
- Les deux dernières notes d’informations du Ministère de l’Education Nationale portant sur les classes préparatoires aux grandes écoles : année 2006-2007 et année 2005-2006
On peut ausssi se référer à la publication plus récente Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche de 2012
- Pour avoir des informations sur le degré de satisfaction des étudiants de classe préparatoire, il faut se reporter à cette note qui date de 2001.


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Dernière mise à jour le 25-07-2017

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